NOTION CLÉ DE LA LINGUISTIQUE

A1, A2, B1, C2… Comment me repérer dans le CECR ?
Date de publication : 1 octobre 2016


Le Cadre européen commun de référence pour les langues - Apprendre, Enseigner, Évaluer (CECRL ou CECR) est un document édité par le Conseil de ‘Europe en 2001, qui définit des niveaux de maîtrise d'une langue étrangère en fonction de savoir-faire dans différents domaines de compétence. Ces 6 niveaux constituent aujourd’hui la référence dans le domaine de l'apprentissage et de l'enseignement des langues dans les pays européens et notamment pour l’apprentissage du français en France.


Une évolution didactique

Le CECR marque une étape importante dans l'évolution de la didactique des langues vivantes. C'est le résultat d'une réflexion méthodologique poussée par le Conseil de l'Europe depuis les années 1990.

Ses principaux apports sont :

  • Une échelle de référence avec 6 niveaux :
    L'échelle est adaptée à toutes les langues et permet de se situer et progresser dans son apprentissage.

  • Un projet éthique et de politique linguistique pour une Europe plurilingue et pluriculturelle :
    Le Conseil de l'Europe définit le plurilinguisme comme une compétence et un facteur d'ouverture interculturelle. Il a d'ailleurs élaboré une charte pour la défense des langues régionales ou minoritaires en tant qu'aspect menacé du patrimoine culturel européen, et pour leur emploi dans la vie privée et publique.

  • L'usage de la langue comme action et pour l'action :
    Cette prise en compte de "l'agir" dans la communication est appelée perspective actionnelle. Le CECR opère un changement de cadre en se basant sur la perspective actionnelle, c'est-à-dire que celui qui apprend ou utilise une langue est considéré comme un acteur social qui mobilise ses compétences de communication de façon stratégique, dans l'objectif de réaliser une tâche dans un contexte particulier. C'est une pédagogie de l'action :
    "La perspective privilégiée ici est, très généralement aussi, de type actionnel en ce qu'elle considère avant tout l'usager et l'apprenant d'une langue comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches (qui ne sont pas seulement langagières) dans des circonstances et un environnement donnés, à l'intérieur d'un domaine d'action particulier. Si les actes de parole se réalisent dans des activités langagières, celles-ci s'inscrivent elles-mêmes à l'intérieur d'actions en contexte social qui seules leur donnent leur pleine signification. Il y a « tâche » dans la mesure où l'action est le fait d'un (ou de plusieurs) sujet(s) qui y mobilise(nt) stratégiquement les compétences dont il(s) dispose(nt) en vue de parvenir à un résultat déterminé." (CECRL, 2001, p. 15)

Les points clés du CECR

Le CECR se base sur les activités langagières et sur des compétences identifiées.

Les 5 activités langagières sont des aptitudes (que les manuels définissent souvent comme "compétences") :

  • compréhension orale,
  • expression orale,
  • compréhension écrite,
  • expression écrite,
  • interaction et médiation.

Afin de réaliser ces activités langagières, une personne (on parle d'utilisateur) va mettre en jeu sa compétence à communiquer langagièrement. Le CECR décompose cette compétence en 3 composantes :

  • compétence linguistique (la grammaire, l'orthographe, le lexique…),
  • compétence sociolinguistique (les savoirs socioculturels, les différents registres de langue, les règles de politesse…),
  • compétence pragmatique (structurer son discours, respecter l'ordre de l'échange…).

Le CECRL focalise également sur des compétences générales individuelles :
  • les savoirs « qui résultent « de l'expérience sociale » ou d'un apprentissage plus formel » (la culture générale au sens large : les savoirs académiques ou les connaissances acquises par l'expérience sociale comme les usages de la vie quotidienne etc),
  • les savoir-faire ou habiletés (la capacité à se conduire de façon appropriée, entrer en contact…),
  • les savoir-être
  • les savoir-apprendre.

Dans son apprentissage et son usage des langues, une personne combine ces différentes compétences, ce qui lui permet de communiquer de façon active et appropriée dans un contexte spécifique. En effet, on ne demande pas son chemin dans la rue de la même façon qu'on prend des nouvelles d'un ami par exemple.

Le CECR promeut également l'apprentissage autonome et insiste sur les différentes formes d'évaluation pour pouvoir progresser.

Les 6 niveaux du CECR

Le CECR met en place un référentiel à 6 niveaux :

  • utilisateur débutant
    A1 : niveau Introductif ou Découverte
    A2 : niveau Intermédiaire ou de Survie
  • utilisateur indépendant
    B1 : niveau Seuil
    B2 : niveau Avancé ou Indépendant
  • utilisateur expérimenté
    C1 : niveau Autonome ou de compétence opérationnelle
    C2 : niveau Maîtrise

Afin d'aider à se repérer sur cette échelle, le CECR propose une grille d'autoévaluation qui liste les aptitudes attendues dans chaque activité langagière pour chaque niveau.
Voici comment la lire :

Dans les cours de français de proximité, les formations concernent en général le niveau débutant (A) et vont jusqu'au niveau B1 (voire B2). Ces niveaux permettent de définir les pré-requis et les objectifs pour les différentes formations. On parlera par exemple de cours de cours pour un des apprenants A1 à l'oral visant le A2 à l'oral. On parle de niveau "infra A1" pour une personne qui n'a pas encore atteint le niveau A1.
En France, a été défini un niveau A1.1 pour compléter cette grille.

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